Tom Clancy's Ghost Recon: Future Soldier

Publié le par W.FAURE

L'année dernière, Ubisoft avait dans ses plans un Tom Clancy's Ghost Recon peu catholique : des exosquelettes, des mini-roquettes surpuissantes... Future Soldier, tel qu'il nous a été présenté en 2010, était au bord de l'outrage à l'esprit Ghost Recon. Aujourd'hui, « G.I. Joe » a mis les voiles et les soldats d'élite chargés d'infiltrer l'ennemi sont de retour dans un jeu repris depuis le début, d'où le conséquent report de plus d'une année. Un retour aux sources ? Pas si sûr ! Dans une certaine mesure Future Soldier abandonne ses idées les plus saugrenues, mais maintient le cap sur sa vision du conflit se déroulant dans un futur proche, en faisant honneur à son blason cette fois.

Un Futur Soldier aux airs d'Advanced Warfighter
Ghost Recon : Future Soldier
Qu'est-ce que le « Recon » ? Dans la grande série Tom Clancy, c'est un soldat d'élite, disposant de moyens militaires à la pointe de la technologie, dont la plupart des missions se déroulent furtivement par delà les lignes ennemies. Future Soldier s'inscrit dans ce cadre mais se donne un temps d'avance sur les moyens technologiques dont disposent les troupes. En somme, les soldats communiquent bien plus facilement, vocalement et visuellement. Par exemple, si un membre de l'équipe visualise un ennemi, le reste du groupe peut voir sa silhouette à travers les murs, via les lunettes spécifiques qui équipent chacun d'eux. Même chose pour le mini-drone portatif : il transmet toutes les infos visuelles dont il dispose. L'angle de tir est également signalé, tout comme de nombreuses autres informations via la vision thermique, magnétique, ou autre.

L'équipement high-tech dans Future Soldier est principalement axé sur la collecte de données en tout genre pour toujours garder l'avantage au cœur du champ de bataille. Les soldats ne sont pas des surhommes disposant d'armures à la Iron Man. D'ailleurs, le Recon à beau disposer de quoi garder un coup d'avance sur ses opposants, lorsque le conflit éclate, il n'est pas insensible aux balles : quelques-unes suffisent pour lui porter un coup presque fatal. Dans ce cas de figure, l'aide d'un coéquipier sera requise d'urgence sans quoi la grande faucheuse fera son job. En d'autres termes, Ghost Recon Future Soldier emprunte simultanément à l'action et à l'infiltration de quoi mettre sur pied un jeu de tir qui aurait très bien pu se nommer « Advanced Warfighter », une série avec laquelle il conserve un lien narratif très fort. De quoi rassurer un grand nombre de fans.

Une campagne jouable jusqu'à quatre joueurs
La campagne principale permet au joueur d'incarner une escouade - composée de quatre Recon - qui doit démanteler un trafic d'armes alimentant la plupart des pourritures (terroristes et dictateurs) des zones sensibles. Sans la moindre ingérence : la capture ou la suppression des vilains de la place publique n'est pas leur rôle. Au fur et à mesure de leur progression, ils vont enquêter sur les différents champs de bataille (Bolivie, Niger, Pakistan, Europe de l'Est) afin de découvrir qui a intérêt de soutenir l'effort de guerre de ceux qui bouleversent l'équilibre géopolitique mondial. Cette campagne peut être jouée de un à quatre joueurs (en ligne seulement). Une façon de profiter du talent d'infiltration de trois amis, même si l'I.A. qui gère les équipiers s'avère tout à fait compétente : rien ne remplace l'esprit humain sur le champ de bataille, même virtuel.

Ghost Recon : Future Soldier
Le gameplay est principalement orienté sur l'action furtive, les lieux dans lesquels l'action se déroule ont évidemment un impact sur lui (la visibilité, la configuration des niveaux, etc.). Les tirs de suppression coordonnés (à la Splinter Cell Conviction), les neutralisations au corps à corps et les frappes chirurgicales font donc partie du quotidien du joueur. Dans sa tâche, il est aidé par l'Intel, qui lui indique via une interface simple et efficace tout ce qu'il doit savoir. Une gestion active permet au leader de donner les consignes immédiates, chacun (y compris l'I.A.) optimise au mieux sa position ainsi que son angle de tir afin d'y répondre dans les meilleures conditions possibles. Si un membre ne coordonne pas ses actions avec le reste du bataillon, la couverture saute et le conflit ouvert débute. Durant ces séquences, l'ennemi bouge constamment et encercle les positions des unités Recon dans de rugueuses fusillades. Une judicieuse variation des rythmes de jeu.

Le « reboot » est salutaire !
Ghost Recon Future Soldier propose également une section multijoueurs, composée actuellement de 12 cartes et de 4 modes de jeu dont un seul nous a été dévoilé : le mode « conflict », un genre de deathmatch parsemé d'objectifs à remplir. Trois types d'unités se distinguent : le rifleman (le soldat), le scout (le furtif), et l'engineer (l'ingénieur). Chacun dispose de son armement spécifique et de ses capacités spéciales. Contrairement à Ghost Recon Online, il ne s'agit pas de batailles avec une ligne de front, mais des affrontements à 360° où les positions changent rapidement. Le joueur peut optimiser sa classe de personnage grâce aux points d'expérience, avec la présence de choix uniques qui influeront sur les caractéristiques de son avatar. Une fois l'avatar arrivé au niveau maximum, un nouveau slot de création s'ajoute aux trois premiers afin d'essayer d'autres optimisations.

Il faut bien l'admettre, par rapport à la précédente présentation du jeu l'année passé, le titre d'Ubisoft prête moins le flanc au scepticisme. Le détestable aspect « soldat-cyborg-qui-ne-craint-rien » a disparu. La technologie est redevenue un outil au service des unités spéciales Ghost Recon, et non une extrapolation militaire aux portes de la science-fiction. Même si on tique encore un peu sur la combinaison optique de camouflage, on nous jure que cette dernière n'est pas une façon de disparaître visuellement, mais seulement un moyen d'atténuer notre présence lorsque l'on ne bouge plus. Autre point du jeu, nettement plus important, que l'on attend de voir en détail : les scripts. Si ces derniers sont variés et si les environnements permettent de multiplier les approches sur l'objectif de mission, le plaisir de jeu n'en sera que plus grand. Ghost Recon Future Soldier a vraisemblablement fait le pas en arrière dont il avait besoin pour être crédible et s'avancer comme un sérieux outsider dans la catégorie des jeux de tir... Comme ses illustres aînés !
Ghost Recon : Future Soldier
Ghost Recon : Future Soldier
Ghost Recon : Future Soldier

Ghost Recon : Future Soldier
Quand il s'agit de mater des terroristes, atomiser des dissidents politiques, neutraliser des dictateurs, bref, instaurer la paix avec la guerre, on est clairement dans un des genres les plus classiques (qu'il s'agisse d'un roman, d'un film ou d'un jeu vidéo). Cependant, avec un Tom Clancy, les abus de testostérone sont proscrits : seul contre tous vous mourrez, un rush sans protection vous mourrez, et ainsi de suite. Il vous faut l'appui de votre escouade, préparer vos assauts, et ne pas foncer dans le tas à découvert. Apparue au début des années 2000, la série Ghost Recon se distingue principalement des Rainbow Six par une temporalité plus avancée, chaque Ghost Recon se déroulant dans un futur plus ou moins proche et non dans l'ère actuelle. Si le tout premier n'était pas des plus abordables pour les néophytes, il se montrait plus permissif que ce à quoi la franchise avait commencé à nous habituer avec les Rainbow Six.

Évidemment, il est couru d'avance qu'avec Future Soldier on ne retrouvera pas une simulation de tir ultra-hardcore avec un temps de jeu dédié à 50 % à la planification des assauts. Néanmoins, le puriste n'aura pas envie que son jeu dit « de niche » se transforme en titre accessible à n'importe quel bourrin du pad. En effet, quel intérêt pour le joueur de disposer d'un énième jeu de tir à la première ou troisième personne « pan-pan, boum-boum, badaboum, chaaargez ! ». Première chose notable lors de la présentation du jeu : il s'agit d'un third person shooter, un genre qui laisse surtout la part belle à l'action qu'à autre chose. Néanmoins, comme il s'agit toujours d'un Tom Clancy, on peut se rassurer en se disant que l'on a droit à un contexte largement inspiré de la réalité des conflits afin de maximiser l'immersion dans le jeu.

C'est pourtant là que le bât blesse. En pleine conférence chez Ubisoft, au milieu d'une douzaine de belles précisions sur l'armement hybride du futur, de la technologie militaire toujours en plein essor (en même temps, vu le paquet de fric consacré à la recherche sur l'armement, il serait dommage que ça stagne, que des gens ne meurent pas de faim pour rien quoi !), on se rend compte que ce Ghost Recon peut carrément virer au grand n'importe quoi. Alors certes, le jeu se déroule dans un futur qui est loin de nous être palpable, mais on ne peut pas faire gober tout et n'importe quoi au joueur. Un camouflage optique rendant complètement transparent ? Pourquoi pas, si l'on omet aujourd'hui que la recherche militaire n'arrive même pas fiabiliser des capteurs du dos pour reproduire une image sur le ventre (il s'agit donc d'une forme d'invisibilité partielle, et au loin en plus). Un exosquelette ultra-moderne améliorant toutes les capacités du soldat de façon exponentielle ? Tavernier, je veux la même chose que ces messieurs !

Ghost Recon : Future Soldier
D'ailleurs, on va précisément s'arrêter sur ce gros détail qui va pratiquement, à lui seul, justifier ce qui semble prendre le chemin du gameplay de la version finale. Les troupes de Ghost Recon sont l'élite de l'élite de l'armée américaine, soigneusement sélectionnées dans tous les corps de l'US Army (NAVY Seals, Marines, etc.). Mais aussi forts et entraînés que soient ces hommes, il leur est impossible de courir accroupi le 100 mètres en 15 secondes, surtout avec un pack de 50 kg sur le dos. C'est là qu'intervient l'exosquelette : son équilibre parfait permet à son porteur de répartir parfaitement la charge qu'il transporte, si bien que son utilisateur ne sentira même pas le poids de ce qu'il porte. Mieux encore, il sollicite les muscles concernés par une action et les accompagne afin de diminuer l'effort. Sur le champ de bataille, vous êtes un super soldat, un « F-16 sur pattes », sautant et courant partout dans toutes les conditions, capable de simultanément abattre un adversaire d'un tir en pleine tête, de locker un char ennemi et l'exploser avec une mini-roquette, tout en sautant grillages barbelés sur sac de sable. On exagère un peu, mais c'est pratiquement ça.

Ghost Recon : Future Soldier
Le pitch se veut un peu moins surfait. Toutefois, on ne peut pas dire que ce qui sert de trame principale prenne un risque : des ultra-nationalistes russes armés renversent le pouvoir et terrorisent la population locale. Que c'est vilain. On va envoyer des troupes d'élite pour libérer les civils parce qu'on est des gentils et, accessoirement, afin de s'assurer qu'ils ne mettent pas la main sur un armement surpuissant capable de s'en prendre à nous, les occidentaux. Le terrorisme assaisonné d'un peu de guerre froide, on a connu un peu plus osé (les plus intraitables observeront qu'il est quand même très improbable qu'un gouvernement aussi coercitif que celui de la Russie se fasse avoir aussi naïvement par l'extrême droite locale). Une histoire en tout cas plus crédible que les gadgets militaires qui vont la rythmer.

Des petites phases de jeu que l'on a pu voir, c'est vivant mais pas affriolant. On peut se mettre à couvert (car oui, les surhommes de Ghost Recon finissent quand même par vaciller quand ils encaissent vingt balles successives), tirer à l'aveugle en ne faisant dépasser que son arme de sa cachette, donner quelques consignes basiques à ses équipiers, etc. Chaque classe de soldat possède également sa spécificité et ses atouts pour avoir le dessus sur le champ de bataille. Le « Recon », unité de reconnaissance par excellence, peut se fondre dans le paysage avec son camouflage optique (soupir), l'ingénieur est équipé des appareils les plus sophistiqués pour obtenir un support aérien rapproché précis ou faire sauter une infrastructure, le sniper pourra guider ses amis de loin et descendre un adversaire en restant tranquille dans son coin, et le commando est le plus polyvalent de tous mais fatalement le moins spécialisé (l'unité basique de combat en quelque sorte). Ça semble trop classique en solo. Même en prenant en compte l'optimisation possible des armes (type de munitions, etc.).

Ghost Recon : Future Soldier
En multi, les modes de jeu ne semblent pas non plus sortir de l'ordinaire. Match à mort, capture du drapeau, capture de la base, etc. Rien de réellement excitant pour le moment. D'autant qu'à 8 contre 8, donc 16 joueurs au maximum, les joutes ne risquent pas d'avoir un rythme infernal. Néanmoins, on constate quelques petits ajouts par rapport au mode solo. Comme la possibilité de ne pas incarner un soldat mais un drone (une sorte de mini tank sur quatre roues) ou encore de se regrouper en bataillon afin de procéder à des déplacements en couverture automatisée. Cette petite aptitude permet au leader de regrouper son escouade autour de lui, les autres se déplacent alors automatiquement dans son sillage et ne se chargent que de couvrir ses flancs et ses arrières. Bien pratique pour ne pas se faire prendre à revers, mais il n'est pas toujours judicieux d'offrir à son adversaire quatre morts pour le prix d'une grenade. Bref, il faudra choisir la bonne stratégie à tout moment. C'est bien plus vivant qu'en solo.

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