Game of Thrones
Contrairement à ce que le timing de sortie des jeux Game of Thrones laisse entendre, l'intérêt de Cyanide pour l’œuvre de Martin n'est pas récent. Loin de là. D'après son propre aveu, le studio français a même lutté de 2003 à 2009 pour obtenir le droit d'adapter les différents romans en jeux vidéo. Et pour le coup, les développeurs franciliens comptent en profiter. Cela fait donc près de trois ans que la production du RPG Game of Thrones a débuté. Evidemment, avant d'entamer le développement du jeu, la première étape a consisté à écrire un scénario qui tienne la route. Et à en peaufiner les moindres détails pour que le tout colle parfaitement avec les romans. Un travail de longue haleine validé par George R. R. Martin lui-même. Un formidable gage de fidélité. D'un commun accord avec l'auteur, Cyanide n'a toutefois pas repris directement l'histoire des bouquins. Ni celle de la série signée HBO bien sûr puisque celle-ci n'est entrée dans la danse que très récemment. Ce RPG s'avère donc être un spin-off se déroulant en même temps que les deux premiers romans de l'édition française. Même si le sigle RPG a disparu du titre du jeu, Game of Thrones est bel et bien un jeu de rôle. Dès le début de la partie, il s'affirme en tant que tel. Si les backgrounds des deux héros resteront figés, le joueur doit toucher à leurs statistiques (attaque, agilité...) et définir leurs traits de caractère, qu'ils soient négatifs ou positifs (allergie, peur du feu...), avant de partir à l'aventure. Il devra aussi opter pour l'une des trois classes disponibles, différentes pour chacun des protagonistes. Pour Alester, ce sera soit Water Dancer, soit Ranger, soit Spellsword. Ce qui vous donne accès à un premier arbre de compétences. Un second se débloque au niveau 7 (il y en a 15 en tout), après que vous ayez fait un choix crucial. Celui de vous spécialiser dans votre classe actuelle ou d'opter pour une deuxième classe complémentaire. En tout, vous aurez même trois arbres à gérer pour être tout à fait complet. Le dernier concerne la capacité spéciale de chacun des deux héros. Mors peut en effet transférer son esprit dans un animal. En l’occurrence, un chien. En tant que Prêtre Rouge, Alester manie lui le feu. Via ce troisième arbre, vous pourrez améliorer les compétences liées à ces aptitudes spécifiques. Côté système de progression, Cyanide a donc vu les choses en grand. Pour définir le gameplay de Game of Thrones, le studio français parle de jeu de rôle stratégique linéaire. Par ces qualificatifs, il faut en réalité comprendre que ce RPG est entièrement scénarisé. Jusque dans ses quêtes secondaires. Cela signifie aussi que votre liberté est relativement restreinte puisque le jeu vous impose de suivre l'histoire des deux héros en alternant à chaque chapitre. Pour le reste, on est tout de même libre d'aller et venir dans des environnements assez vastes mais clos et de résoudre des quêtes primaires ou secondaires. Une carte du monde permet de rallier les différents lieux du jeu. En cela aussi, Game of Thrones se montre linéaire. Mais si ce mot prend souvent la forme d'un reproche, on ne peut pas dire que ce soit un point négatif ici. Certes, le chemin est tracé, mais nombre de nos choix changeront tout de même le déroulement de l'aventure. Une décision peut avoir des répercussions 30 heures plus tard selon les développeurs. Si par malheur on froisse un personnage secondaire lors des premiers chapitres, celui-ci pourrait bien vous rendre la pareille au moment où vous solliciterez son aide. Et d'une manière inattendue ! Cyanide propose ainsi une roue de dialogues, comme dans pas mal de RPG modernes. Si certaines réponses ne serviront qu'à orienter la conversation, d'autres auront donc une vraie influence par la suite. Là où le studio se démarque de la plupart de ses concurrents, c'est qu'il s'est amusé à ne pas surligner les réponses qui pourraient s'avérer importantes. Aucun code couleur n'a par exemple été utilisé. L'interface ne donne pas d'indices, ce qui force le joueur à rester attentif.