Trackmania² Canyon

Publié le par W.FAURE

Depuis la sortie de Trackmania premier du nom, huit épisodes se sont succédés pour enrichir, mixer, modeler et renouveler l'univers de ce jeu de courses déjanté. Malgré une communauté omniprésente, il était temps de passer la seconde et ce Trackmania² marque un nouveau départ dans l'histoire de la série. Moteur graphique entièrement refondu, environnement visuel tout neuf, nouveau gameplay, accroissement du pouvoir créatif, bref, un condensé prometteur.

TrackMania² : Canyon

Après Stadium, Desert, Snow, Bay, Rally, Coast et Island, voici Canyon ! Les développeurs de Nadeo ont donc choisi de poser les roues de leurs bolides au milieu de rien, en pleine poussière, entre quelques rochers, autour d'immenses précipices qui augurent quelques sauts de l'ange incontrôlés. C'est pour l'heure l'unique environnement de Trackmania², en attendant deux autres univers dont l'identité n'a pas encore été dévoilée (on parle avec insistance d'un décor "Valley"). Tout ce que l'on sait, c'est qu'ils seront mis à disposition gratuitement aux joueurs qui ont toutefois dû s'acquitter de la modique somme de 20€ pour s'offrir cet épisode, après quelques jours de bêta intense. Un modèle économique atypique qui s'inscrit malgré tout dans la continuité des précédents volets puisque Trackmania demeure un titre hyper accessible en termes de prix et est doté d'une durée de vie potentielle assez conséquente. Entre les futurs ajouts made in Nadeo et l'omniprésence de la communauté "trackmaniesque", il ne fait aucun doute que vos deniers seront vite amortis, que vous soyez déjà fan de la série ou pas.

Test Trackmania² : Canyon PC - Screenshot 23Canyon façon circuit de course.

Le gameplay de Canyon semble mixer habilement les jouabilités de Coast, Island et Desert. Si les voitures paraissent de base assez lourdes (comme dans Coast), leur vitesse de pointe rappelle Island et leur propension à virer sur deux roues fait penser à Desert. Mais Canyon, c'est aussi et surtout du drift en veux-tu en voilà. En effet, lorsqu'il est lancé, le joueur n'a besoin que de freiner très brièvement (sans forcément relâcher l'accélérateur) pour commencer une glissade contrôlée et s'adapter ainsi aux courbes rapides des tracés officiels ou utilisateurs. Mais lorsqu'il déboule sur une portion de terre, le joueur voit sa caisse perdre toute stabilité et un coup de volant suffit à déclencher un dérapage. C'est l'une des particularités de Canyon : selon le bloc, la conduite n'a rien à voir. On compte en tout trois surfaces différentes, entre le bitume classique façon circuit de Formule 1, la route accidentée façon départementale et le chemin de terre façon rallye sauvage. Mélangés, ces trois éléments donnent naissance à des tracés "piégeux" et débridés mais ils sont tout aussi efficaces séparés ! Ainsi, si Trackmania² ne débarque qu'en compagnie d'un seul environnement, ce sont bien trois gameplays distincts qu'on découvre avec plaisir, de quoi décupler l'intérêt des courses. En effet, un joueur à l'aise sur bitume pourra peiner sur terre et vice versa, sans compter l'extrême concentration que réclament les portions de petites routes.

Test Trackmania² : Canyon PC - Screenshot 24L'éditeur de map est disponible en deux versions, selon votre niveau.

Disposant de cinq vues au total (dont trois réellement jouables, les autres étant trop aériennes pour appréhender les circuits), les joueurs découvrent ainsi des tracés tantôt lents, tantôt rapides, reprenant fidèlement les conventions Trackmania que sont les tremplins, les loopings, les tubes, les tunnels et les boosts. Aucun élément réellement nouveau, en termes de blocs en tout cas, ne vient franchement modifier le principe. La modélisation des dégâts sur les véhicules, une première dans l'histoire de Trackmania, n'est par exemple qu'esthétique. Toutefois, lors d'un choc vraiment rugueux, la voiture marquera un arrêt avant de redémarrer de plus belle. Le dépaysement ne dure donc que quelques instants, le temps de s'adapter aux exigences d'une conduite rapide mais très technique qui nécessite de prendre un maximum de risques à la corde et sur les vibreurs. S'il est bien possible de drifter dans n'importe quel virage, tourner classiquement sera systématiquement préférable si tant est que cela soit possible. En tout cas, Canyon offre d'excellentes sensations de vitesse sans pour autant atteindre les allures folles d'Island et l'alternance de passages rapides et aériens d'une part et de chicanes et épingles à cheveux d'autre part confère à cet environnement un équilibre que les précédents n'ont peut-être jamais trouvé.

Test Trackmania² : Canyon PC - Screenshot 25Canyon façon rallye.

Visuellement, Trackmania est passé dans une nouvelle dimension. Beaucoup plus fin, plus varié et simplement plus joli que ses aînés, Canyon rend obsolète chacune des éditions précédentes. Surtout, il étonne par sa fluidité quasi permanente, même à partir de 50, 60 ou 70 joueurs (et sans doute davantage encore) sur le serveur, malgré une profondeur de champ décuplée et des décors globalement moins lisses, moins impersonnels. En ce sens, Nadeo réussit un véritable tour de force, celui de proposer un titre beau sans être anormalement gourmand. Jouable à tout moment du cycle jour-nuit (de l'aube à la nuit en passant par le jour ou le crépuscule), il propose de superbes effets de lumière, sans jamais chuter trop bas dans les FPS, en ayant réglé chaque paramètre graphique à fond. Les modèles bénéficient eux aussi de nombreux détails, notamment les voitures, dont les textures et les carrosseries, particulièrement réceptives à la lumière, n'ont rien à voir avec celles des autres opus. On regrette simplement que la présentation n'ait pas davantage été repensée, que ce soit dans l'interface ou avant et après les courses, principalement lors les podiums finaux. A ce niveau, l'impression de jouer à une mise à jour du précédent volet pourra décevoir certains ou au contraire, plaire à ceux qui sont allergiques à toute forme de dépaysement. Reste que l'hôte du serveur a toujours autant de liberté dans l'organisation du HUD, même chose pour les joueurs connectés.

Test Trackmania² : Canyon PC - Screenshot 26La team jeuxvideo.com réalise parfois quelques exploits !

Comme ses prédécesseurs, Trackmania² vit à travers sa communauté. Des dizaines de serveurs fleurissent chaque jour, accueillant sans arrêt de nouveaux joueurs, de quoi alimenter les innombrables classements par département, région, pays et mondiaux. A ce sujet, l'interface n'est franchement pas des plus pratiques, ne serait-ce que pour consulter les positions de ses amis ou pour connaître l'écart de points avec celui qui vous précède au ladder. La recherche de serveur quant à elle, adaptée à votre niveau, est assez bien fichue même si le tout manque parfois de clarté. On ne peut pas franchement parler d'interface user friendly même si l'habitude aidant, on finit par ne plus avoir de difficulté à trouver l'information recherchée. Toujours est-il qu'in game, l'interface est assez bordélique, entre les très nombreux classements, les votes divers et variés, le tchat... Même si cela incombe davantage au créateur du serveur qu'aux développeurs du jeu, on aurait apprécié une meilleure hiérarchisation de l'info. Enfin, de véritables pages profil de joueurs n'auraient pas été du luxe, afin de consulter l'historique d'un ami ou de n'importe quel utilisateur, statistiques à l'appui. En ce sens, l'interface globale du jeu a un goût d'inachevé et Nadeo donne l'impression de ne pas s'y être attardé très longtemps. Dommage.

Test Trackmania² : Canyon PC - Screenshot 27Canyon façon routes départementales.

Fidèle aux principes des ses aînés, Trackmania² ne réserve guère de surprises aux joueurs en termes de modes de courses. Plébiscité par l'extrême majorité des joueurs, le contre-la-montre classique est toujours accompagné de plusieurs variantes connues de tous : course par équipe, par tours, coupe et cascades. Mais pour les utilisateurs avancés et inventifs, un mode "Script" permet de créer ses propres règles ! C'est à peu près la seule nouveauté de contenu relative au multijoueur en ligne. Car le véritable ajout de cette édition, c'est le multijoueur en écran splitté, capable d'accueillir jusqu'à quatre pilotes ! Une excellente idée de Nadeo qui compte faire de sa licence un titre familial bien qu'il faille lutter pour se répartir les commandes (à moins de posséder quatre pads fonctionnels...). Le solo quant à lui, est franchement décevant car en dehors des traditionnels courses de médailles (on en compte 75), on ne trouve aucun mode original comme dans Trackmania premier du nom. L'éditeur de voitures est de son côté accessible mais honnêtement dépassé et ultra rigide, au contraire de l'éditeur de map, assez délicat à maîtriser en version avancée mais finalement intuitif après quelques heures d'utilisation. Les possibilités demeurent infinies, de quoi tenir largement jusqu'à la sortie du prochain environnement. Vivement !

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